Journée de terrain à Castelsarrasin en Tarn et Garonne

Depuis plusieurs années le Lycée Jean de Prades soutien l’action de solidarité du Secours Populaire au Salvador qui vise au développement d’une coopérative agricole. Dans le cadre d’échanges bilatéraux, les dirigeantes de la coopérative de Comasagua étaient venues en visite au lycée en décembre dernier. Un temps de rencontre très apprécié des élèves et du monde enseignant. « Lors de la visite, la direction du lycée avait proposé que des repas soient organisés par le restaurant d’application, avec un reversement des bénéfices au profit du Secours Populaire », nous a expliqué Julien Sueres, membre du bureau régional de l’association.

C’est donc dans ce cadre qu’avec Rodolphe Portolès, conseiller régional et membre du conseil d’administration du lycée, et de Maximilien Reynes Dupleix, secrétaire du CHSCT académique que nous avons découvert le professionnalisme des élèves, étudiants en restauration. C’est un plaisir d’être accueillie dans cet établissement. La qualité du repas servi dans ce restaurant d’application est exceptionnelle et je tiens à féliciter les élèves et leurs enseignants de s’être mobilisés pour cette action du Secours Populaire au Salvador et soutenue par la Région. Le restaurant affichait complet, démontrant le succès auprès du public de cette opération de repas solidaires. Tous les bénéfices seront reversés au Secours Populaire, dont une délégation sera reçue prochainement pour la remise officielle.

Engagée depuis de nombreuses années au conseil régional dans la lutte contre les déserts médicaux, j’ai profité du déplacement pour visiter l’antenne de St Porquier du centre de santé du Canal à Larronne. Ce projet qui regroupe les communes de Castelsarrasin, Saint Porquier et La Ville Dieu du Temple vise à apporter d’abord une réponse au problème de manque de médecins sur ce territoire en optant notamment pour le recrutement de médecins salariés.

Dans un premier temps, le centre de santé s’est tourné vers le recrutement de quatre médecins retraités qui ont permis de démarrer les consultations sur Saint Porquier et La Ville Dieu du Temple. « Avec ce dispositif, nous gérons le côté administratif et les médecins ne s’occupent que des consultations », nous a expliqué Xavier Prévedello, maire de Saint Porquier et président de l’association porteuse du centre de santé. Une organisation différente des cabinets libéraux, mais qui permet à tout le monde de s’y retrouver.

Le salariat des médecins est d’ailleurs l’objet d’un tout nouveau dispositif lancé par la région qui va recruter à terme plus 200 généralistes pour venir en soutien aux territoires en difficulté. Au vu des problèmes d’accès aux soins que connaît ce territoire, il était normal qu’il fasse partie des premiers à être soutenu par la région. Dés que possible nous allons travailler avec mon collègue le vice-président Vincent Bounes à installer des médecins dans ce centre de santé, notamment sur Castelsarrasin.

Enfin, j’ai répondu à l’invitation du syndicat CGT des soignants de l’hôpital de Moissac. Reçue au local syndical de la maison de retraite de Castelsarrasin, je me suis entretenue avec Mireille Laffont-Riols, secrétaire CGT de l’hôpital.

« Nous luttons depuis de nombreuses années pour défendre l’hôpital de Moissac, et dernièrement avec la fermeture des urgences la nuit, la pression est encore montée d’un cran. Nous avons de fortes inquiétudes quant à l’avenir de cette structure pourtant si nécessaire pour le territoire », m’a expliqué la syndicaliste.

Comme l’a annoncé mon collègue Vincent Bounes, la région va déployer des fonds pour l’achat de matériels manquants aux urgences de Moissac, pour autant le recrutement d’urgentistes pour rouvrir le service ne relève pas des compétences du conseil régional.

Côté maison de retraite, pourtant complètement reconstruite récemment, « c’est une véritable bombe à retardement », nous a confié Mireille Laffont Riols. Le manque d’effectifs rend le travail difficile et très pénible. Des agents titulaires démissionnent régulièrement, c’est du jamais-vu !

Un point sur lequel il ne faut oublier pas de renvoyer l’Etat à ses responsabilités.Il est urgent de remplacer l’Agences Régionales de Santé, véritable bras armé du gouvernement pour amputer les services de santé publics. Aujourd’hui nous avons besoin de nouvelles structures assurant la démocratie sanitaire. L’ARS, créées par les ordonnances Juppé, symbolise une technocratie autoritaire, sans considération ni des personnels soignants, ni des usagers. Sa défaillance dans la gestion de la crise de la Covid-19, malgré ses efforts de communication médiatique, est manifeste.